Ligne THT Avelin-Gavrelle: les arguments déjà prêts pour le recours en justice

Extrait de la voix du nord, le 28/03/2015

« Éclairer sur les contre-vérités de RTE », tel était l’un des principaux sujets de la conférence organisée par les opposants à la ligne THT Avelin-Gavrelle, ce jeudi soir à Attiches. De nombreux élus y ont pris part. Surtout, l’expert Daniel Depris y a exposé une partie des éléments qui figureront dans le futur recours en justice.

Les habitants opposés au projet de ligne à très haute tension (THT) Avelin-Gavrelle face au maître d’ouvrage Réseau de transport et d’électricité (RTE), c’est un peu le combat de David contre Goliath. Certes, les premiers comptent de nombreux soutiens de poids. Parmi lesquels des maires, des députés, des sénateurs et, de manière un peu plus circonstanciée, des députés européens. Mais le projet de ligne compte aussi quelques partisans chez les élus. En plus d’être commandé par l’État et mené par une entreprise aux moyens très importants.

À eux seuls, habitants et élus réfractaires n’ont pas les compétences techniques pour s’opposer. C’est pourquoi des associations ont fait appel à Daniel Depris, expert en politique énergétique et consultant international. Une épaule plus que bienvenue, dans le futur combat judiciaire des associations. Une personne qui sait prêcher la bonne parole, aussi.

À la réunion publique organisée jeudi soir à Attiches, aux questions « Monsieur Depris, RTE, en affirmant ceci, dit-elle vrai ou faux ? », l’expert n’avait aucun mal à contredire l’argumentaire de l’entreprise. Or, dans la bataille de données complexes que peu de personnes maîtrisent, qui croire, finalement, sinon celui qui va dans le sens de ce que l’on attend ?

« Géré par des financiers »

Le consultant assure pouvoir « mettre RTE en contradiction avec ses propres documents. Ils mentent tellement mal que ce n’est pas difficile ». Car selon Daniel Depris, si le projet de ligne THT a bien un intérêt, ce n’est pas celui qui a été présenté par l’entreprise. « Pour vendre à la Belgique l’électricité produite au réacteur nucléaire de Flamanville, EDF a besoin de renforcer la ligne Avelin Gavrelle, le seul maillon faible vers le nord. J’en ai eu la confirmation indirecte par son homologue belge Elia. EDF n’est plus géré par des ingénieurs, mais par des financiers ».

De même, toujours d’après Daniel Depris, le coût avancé par RTE pour enfouir partiellement la ligne, ce que souhaitent certains élus et habitants, n’est pas crédible, comme les contraintes techniques : « Je connais des régions de France où on a enfoui dans des conditions bien plus difficiles que dans les plaines du Nord ! »

Recevables ou non, les arguments de l’expert ne manqueront pas, comme ceux de RTE, d’être étudiés par le tribunal administratif, à l’issue de la très envisageable déclaration d’utilité publique, qui devrait être décrétée par le Conseil d’État dans le courant de l’année.