Analyse du rapport Kert sur l'enfouissement

Daniel DEPRIS, président du CEPHES, expert international sur les techniques d’enfouissement a répondu vigoureusement au député Christian KERT, lequel avait déposé un rapport 3477 à l’assemblée sur l’enfouissement. Il lui reproche sa crédulité face à EDF et RTE.

Voici quelques élèments de son analyse:

Les premiers câbles THT 220.000 volts ont été posés sous les pavés de Paris en 1935. Le palier de 380-400 kV a été atteint au début des années 40 par les ingénieurs allemands.

J’ai aussi maintes fois démontré que l’avènement des câbles supraconducteurs permettra, dans un très proche avenir (il le déclare en 2003), de ne plus monter en tension au-delà de 300 kV (limite supérieure de la classe THT qui va de 150 à 300 kV). En effet, une liaison supraconductrice de 225 kV aurait la même capacité de transport que deux lignes 400 kV aériennes à deux circuits. Et elle prendrait place dans un caniveau classique, d’environ 60 cm de large (lui-même installé dans une tranchée de moins de 1 mètre de largeur).

En écrivant, sans nuances aucunes, que « …il y a un écart de coût au détriment des circuits souterrains.. », le député Christian Kert adopte le même mode de raisonnement, spécieux et malhonnête, que les « communicants » d’EDF et de RTE.

Car, non seulement cet écart est bien plus faible qu’on ne le prétend mais il ne concerne que les coûts à l’investissement. Si l’on effectue des calculs complets et honnêtes sur la durée de vie comptable d’un ouvrage de transport (env. 40 ans), le calcul est TOUJOURS favorable au souterrain lequel est donc GLOBALEMENT MOINS COUTEUX que l’aérien.

Un peu plus bas, on retrouve une mention qui parle d’un « effort important de recherche et de développement sur l’enfouissement », toujours pour laisser sous-entendre que les technologies ne sont pas au point.

Il y a plus d’un siècle que les firmes câblières étudient et développent toutes les technologies envisageables. S’il y a un effort à faire, c’est bien plus du côté des exploitants (les clients des câbliers et utilisateurs des câbles) que du côté des fabricants !

Il est d’ailleurs étonnant de constater que la France - qui possède les meilleurs fabricants dans le domaine des câbles destinés aux réseaux HT, THT et EHT (les groupes Pirelli, Sagem et Nexans) – est aussi le pays qui utilise le moins les câbles fabriqués par ces entreprises. Vous avez dit bizarre ?

A croire qu’il n’a jamais entendu parler des nombreuses liaisons sous-marines à courant alternatif, comme la liaison 525 kV du détroit de Vancouver ou celle à 400 kV du détroit de Messine. Il s’est pourtant rendu au Canada et en Italie au frais des contribuables ?

En 400 kV, le premier câble français homologué par EDF fut celui qui était fabriqué, depuis 1984, par la câblerie Silec (aujourd’hui Sagem) de Montereau. Il fut homologué en 1985. Aujourd’hui, il est proposé pour des tensions jusqu’à 500 kV. Au Japon, le groupe Hitachi fabrique des câbles à isolation synthétique pouvant supporter 550 kV en tension alternative.

On retiendra, par contre, que les Japonais ont, à leur actif, de très beaux ouvrages souterrains ou immergés en classe EHT et notamment en 500 et 550 kV. La liaison 500 kV de 40 km qui alimente Tokyo contredit d’ailleurs les affirmations selon lesquelles on ne pourrait pas concevoir une liaison souterraine EHT d’une telle longueur (voir mensonges habituels des « communicants » et dirigeants d’EDF-RTE)