Etat des lieux sur les champs électromagnétiques

Il ne faut pas négliger les risques pour la santé et l’environnement de l’exposition aux champs électromagnétiques de basse fréquence (REM-BF) dans le voisinage des lignes à très haute tension  (THT).  Etat lieux.

Professeur  C. Chopin

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En résumé :

- Il est bien temps, après 30 ans de réflexion, de prendre en compte  le  risque réel de l’exposition chronique, résidentielle aux champs électromagnétiques à basse fréquence (CEM-BF). Le million de volts transportés n’est pas loin. Le mécontentement et l’opposition populaire aux lignes THT aériennes se fait entendre avec violence  partout où des projets de THT sont initiés. Nous refusons d’être victimes des dernières lignes THT aériennes.
- Parmi les pathologies dues aux CEM-BF on retiendra pour sa fréquence le syndrome d’hypersensibilité  et, pour sa gravité  la leucémie de l’enfant.
- Le lien avec la leucémie lymphoblastique, de l’exposition chronique résiduelle aux champ-électromagnétiques de basse  fréquence,  n’est plus discutable. L’induction d’une leucémie par les CEM-BF n’est  sans doute pas fréquente, mais à combien évalue-t-on la vie d’un enfant ?
- Le syndrome d’hypersensibilité est une véritable et très invalidante maladie psychosomatique.
- Il  faut  organiser un moratoire sur la construction des lignes THT et mettre en place des décisions raisonnables protectrices du citoyen et de son environnement. Il faut promouvoir la recherche sur les mécanismes de cette association. Dans l’attente des résultats, nous demandons l’application stricte du principe de précaution et le respect de son  l’environnement auquel chaque citoyen a droit.
- Il faut interdire  le survol de toute localité à la densité de population élevée et dès que des habitations ne peuvent être évitées s’éloigner de part et d’autre de plus de 200 m des lignes.  
- L’enfouissement est la solution qui règle tous les problèmes d’environnement et de santé.
- Il faut chiffrer avec précision le surcoût actualisé de l’enfouissement, par des experts indépendants et rechercher des financements complémentaires européens. Ce que ne semble pas avoir fait RTE. Il y en a de possible.
- Il faut enfin obliger les entreprises qui vendent, exploitent, ou transportent des produits et appareillages susceptibles d’avoir des effets délétères sur notre santé, à préciser clairement  la nature des  risques même exceptionnels qu’ils font courir à la population.

1. Pour comprendre

 Par convention, on peut classer les lignes électriques en fonction de leur tension de fonctionnement   en : 

  • Lignes à basse tension - moins de 1000 volts
  • Lignes à moyenne tension, entre 1000 v 33000 V,
  • Lignes à haute tension, entre 33000 et 230000 volts
  • Lignes, à très haute tension (THT), entre  230000 V à 800000 V utilisée et le transport de très grandes  quantités d'énergie électrique, sur de longues distances, entre les points de production et ceux de consommation. 
  • Lignes ultra haute tension - supérieure à 800000 V.

    Le réseau européen est interconnecté pour permettre d’harmoniser la distribution à la demande et les échanges commerciaux.
   Vous l’aurez remarqué selon les lois du progrès que rien n’arrête,  ce qui est techniquement possible doit être fait, avant que les conséquences n’en soient connues. On dépassera le million de volts.  « No limit », sans commentaire !
  Au voisinage des lignes à haute tension se développent des courants induits, statiques (ou électrostatiques) et magnétiques (ou électromagnétiques). Le champ est la zone dans laquelle le courant se distribue.

1.1  Les champs électriques statiques

  Les champs électriques statiques sont produits par des variations dans le voltage : plus le voltage est élevé, plus le champ qui en résulte est intense. (Les champs électromagnétiques. OMS,  Série Collectivités locale, environnement et santé, 32, 1999).Ils surviennent même si le courant ne passe pas.
  La production d'électricité statique est perceptible mais difficile à mesurer.  C’est elle qui provoque cette décharge déplaisante et douloureuse quand vous touchez par exemple une clôture ou votre voiture un matin mouillé de rosée. Il est souvent ignoré que, dans le cadre de productions industrielles,  elle peut  conduire au mauvais fonctionnement et, à  long terme,  à la détérioration d'équipements. Dans les situations à risque, notamment dans des atmosphères très empoussiérées ou contenants des gaz ou des stocks d’engrais (nitrate d’ammonium), elle peut être responsable d’accidents graves, d’explosions et d’incendies (Les dangers et  la prévention des risques liés à l’électricité statique. Une source d’inflammation sous-estimée,  Institut National de Recherche et de Sécurité pour la prévention des accidents du travail et des maladies professionnelles, fiche INRS, 2011).On a d’ailleurs évoqué leur responsabilité dans la catastrophe d’AZF.  Agriculteur attention au stockage  d’engrais  à proximité des lignes THT !!! Elle est aussi responsable  de l’effet dit couronne. Il  fait grogner et s’illuminer les lignes et les pointes des pylônes (feu de la Saint-Elme), qui terrorisait nos ainés. Tout ceci  ne rassure pas nos concitoyens. 
  Dans le domaine de la santé, les effets délétères des courants statiques  ont été peu étudiés. Ils ne sont cependant pas anodins.  Le plus fréquent  est la diminution de la production laitière. Le bétail redoute l’abreuvoir et les explosions qui les dissuadent d’y aller boire. Moins de boisson, moins de lait, mais aussi plus d’infections génito-urinaires et de mammites.
  En milieu  agricole, la meilleure protection contre ces effets indésirables est la mise à la terre  des circuits des étables et, pour les agriculteurs, le port de bottes. Cette solution reste mal pratique  pour les vaches et les chevaux !!!  Ces phénomènes engendrent une perte de revenus et de valeur vénale de la ferme qui doit être indemnisée. (Il existe une jurisprudence La société publique, réseaux, Transport Electricité (RTE) a été condamnée en appel, par la cour d’appel de Caen en, juillet 2014 à payer 200000 euros à deux agriculteurs de la Manche pour perte  de la valeur vénale de leurs exploitations). RTE ne peut plus nier ces risques, soulignés en détail dans la revue  de l’Institut National de Recherche et de Sécurité  (INRS, (N Berger, M Dénoziere, JC Gillet, D Guionnet, H Roma, L’électricité statique,  1 vol, 107 p, INRS ed, 2004).
  L’histoire des effets délétères  de l’électricité statique induite au voisinage des lignes THT aériennes est loin d’être close et elle ne fait que commencer.

1.2   Les champs électromagnétiques

  Les champs électromagnétiques (CEM) sont plus pernicieux que les précédents  car invisibles  bien que tapissant partout,  et de plus en plus, notre environnent. On parle de brouillard, de pollution électromagnétique. Ils  apparaissent, lorsque le courant circule. Ils sont d'autant plus intenses que le courant est élevé. L’intensité des CEM augmente avec la tension et varie avec la consommation d'électricité, alors que l'intensité du champ électrique restera constante, (Les champs électromagnétiques, publié par le Bureau Régional de l'Europe de l'OMS en 1999, Série Collectivités locale, environnement et santé, 32) et  décroit avec la distance à la ligne. On ne peut donc interpréter une mesure  que si l’on connait cette distance et la charge de la ligne. Ne vous laisser donc pas abuser par une mesure isolée d’un champ électromagnétique. Faites préciser les conditions de la mesure. Une ligne THT fonctionnant à 20% de sa capacité générera un CEM moins intense que si elle fonctionnait à 60 %.  Les CEM sont beaucoup plus importants  au voisinage des lignes aériennes que des lignes enfouies. A 10 m l’intensité du CEM générés par une ligne de 400000 volts,  enterrée, n’est plus  que de 0,7 µT (Les champs d’électromagnétiques d’extrême basse fréquence. Les effets sur la santé. Santé.gouv.fr, Environnement et santé)

(Les CEM s’expriment en Ampères par mètre (A/m), ou milli Gauss (mG) ou en micro Teslas (µT).
1 micro Tesla = 10 milli Gauss = 0,8 Ampère par mètre.)

   Les CEM 50 Hertz sont dits à basse  fréquence (CEM-BF  sous les lignes THT) ou à haute fréquence (téléphone portable), ce qui modifie leur agressivité probablement pour des raisons d’entrée en résonnance avec des harmoniques du corps humain (on parle de  bio résonance). On ne considérera ici que le CEM à basse fréquence (CEM-BF). Au voisinage des lignes THT, ils  sont perçus par les espèces migratrices : oiseaux, poissons, tortues crustacés, chauves-souris  et les abeilles qui disposent de magnéto-récepteurs. Les mammifères, y compris l’homme  ne peuvent les percevoir, en principe, que dans des conditions météorologiques particulières.  Par temps humide ou orageux, l’induction magnétique hérisse vos poils et vos cheveux.  Il est reconnu que certaines personnes dites électro-sensibles puissent percevoir douloureusement les CEM, parfois pour des intensités très faibles. Des CEM sont aussi produits près de transformateurs électriques, au voisinage des caténaires et d’autres installations de transport et de distribution de courant. La caissière de votre « hyper » y est aussi particulièrement exposée, la plus part du temps…sans le savoir. Dans votre domicile le four micro-ondes, la Wifi,  la plaque à induction, le téléviseur, le sèche-cheveux… la quasi-totalité de vos appareils électriques sont producteurs de CEM parfois intense, pouvant atteindre 180 V/m. Heureusement, ils diminuent très vite quand on s’éloigne de la source. De fonctionnement intermittent, ils ne participent que pour une petite part à l’exposition totale. Il faut néanmoins s’en préoccuper.
    En Europe, le seuil d’exposition des professionnels est de 100 µTesla. On pourra relever que la recommandation européenne considère quant à elle que les limites ne doivent être appliquées qu’aux endroits où le public passe un temps significatif. L’arrêté technique français est donc plus exigeant, puisqu’applicable à tous les endroits accessibles au public.
Cette valeur est élevée,  de 50 fois le seuil physiologique de toxicité environ, mais il s’agit d’exposition aiguë.  Les recommandations datent, pour la plus part, de plus de 10 ans  On sait maintenant que l’agressivité des CEM varie avec leur fréquence (nombre d’oscillations par seconde)  la durée de l’exposition,  leur l’intensité et le terrain sur lequel ils s’exercent.  S’il est d’usage en milieu industriel de dire que ces courants sont trop faibles pour avoir un effet délétère sur notre santé, l’analyse contredit cette affirmation. On sait  maintenant qu’une exposition chronique, résidentielle  est associée à une augmentation du  risque  (x par 2,6) de leucémies et de cancers en particulier chez le jeune enfant et cela même pour des intensités très faibles à peine détectables parfois inférieures à 0,3 µTesla. 

2. Historique du retentissement sur notre santé

2.1 Historique

En 1979 Wertheimer et Leeper (Wertheimer, 1979) ont attiré l’attention sur l’augmentation du nombre de leucémies et de cancers chez les enfants ayant passé leur vie au voisinage de lignes à haute tension. Trente-quatre années ont passé durant lesquels de nombreux travaux cliniques et expérimentaux ont été consacrés à la recherche d’un lien possible entre l’exposition aux  champs électromagnétiques de basse fréquence (CEM-BF)  et la survenue de pathologies.

2.2 Un peu de statistique

Les travaux de recherche sont habituellement publiés dans des revues scientifiques sérieuses. Ils sont analysés par des lecteurs experts avant d’être autorisés à la publication Les autres écritures ne présentent pas d’intérêt autre qu’anecdotique. Les études actuelles sont principalement des études épidémiologiques, observationnelles et rétrospectives. La méthode d’analyse utilisée pour mettre en évidence un ou plusieurs facteurs qui pourraient contribuer de maladies, est dite  « cas-témoin » (on dit aussi « cas-contrôle). Le principe est de  comparer  les personnes qui ont la maladie (les cas) avec des sujets qui n’en sont pas atteints (les contrôles) mais qui sont comparables en tous autres points (âge, antécédents, milieu social, types d’habitats..). On teste ainsi l’hypothèse d’un lien entre l’apparition de la maladie et l’exposition au facteur. C’est ainsi que Doll R a montré en 1954 une association entre le cancer du poumon et l’usage du tabac.  Les industriels du tabac firent aussitôt valoir que ce type d'étude ne pouvait  pas prouver un lien de causalité et qu’en conséquence le tabac n’y était pour rien…les recherches ultérieures leur ont prouvé le contraire. Il en a été de même pour l’amiante, le plomb, le VIH (virus du Sida).  Il en sera de même Avec la THT. L’ histoire  se répète.
On calcule la force du lien. Par exemple 2,4 (1,2-4,5)  signifie qu’en présence du facteur étudié, le risque de contracter la maladie est en moyenne  multiplié par 2,4, pouvant varier de 1.2 à 5.5. Une valeur ≤ à 1 signifie l’absence de lien statistiquement significatif.
    La nature du lien n’est pas forcément de causalité (rapport de cause à effet). Il peut s’agir d’une simple association. Mais quand le lien existe et en l’absence de biais (un biais apparait si les cas et les contrôles  ne sont pas tout à fait identiques), il n’a que très peu de chance d’être dû au hasard,  cinq chances /100 à une chance/1000. Ce lien doit inciter à rechercher les mécanismes par lesquels le facteur testé pourrait donner la maladie surtout si   plusieurs études l’ont retrouvé.  Ce qui est le cas pour l’exposition aux CEM-BF et la survenue de leucémie  de cancers et d’autres pathologies

2.3  Les pathologies  pour lesquelles un lien avec l’exposition chronique aux CEM-BF ont été signalées.

De nombreuses  hypothèses de travail sur la responsabilité des CEM ont été soulevées. Il   s’agit :

  • de troubles de l’humeur et du sommeil, (Hagström M 2013, Köteles F, 2013).
  • de leucémies, (Wertheimer N, 1979, Ahlbom, 2000,  Greenland, 2000, Feychting M, 1995, 1998 ).
  • de cancers cérébraux (Kheifets L, 2010) , M. Feychting et A. Ahlbom, Institut de  Médecine de l'Environnement, Institut Karolinska, Stockholm (Suède), "Cancers infantiles et champs magnétiques".
  • de cancers du sein, (Kliukiene J, 2004).
  • de pathologies cardiovasculaires (Jauchem ‎ JR 1997, Bortkiewicz A, 2003).
  • de maladies neuro dégénératives  telles que la maladie d’Alzheimer), (Qiu C, 2004)
  • d’atteintes du système immunitaire (Ross CL, 2013)
  • d’altération de la fonction de reproduction, (Robert E. 1999)
  • d’une mortalité fœtale accrue et d’un petit poids de naissance, (Malagoli C, 2012 Vocht F, 2014)
  • de dysfonctionnement d’appareils médicaux dont les pacemakers (Hours M, 2013)
  • d’accidents d’électrocution, (Moghtader JC, 1993)
  • de modifications du comportement du bétail et de sa productivité (Brugère H, 2009  Cressey D, 2011)
  • des modifications des cultures maraichères et fruitières (Rãcuciu, 2007)

3. On  retient  aujourd’hui du fait de la force du lien :

  • la leucémie  lymphoblastique du jeune enfant et, à moindre degré,  certains cancers,
  • la maladie d’Alzheimer,
  • les troubles de l’humeur,
  • le dysfonctionnement d’appareils médicaux et, Pévèle oblige,
  • le  retentissement sur l’élevage et les cultures.

3.1 Les troubles de l’humeur : le syndrome d’hypersensibilité. (Hagström M, 2013)

   Les troubles de l’humeur s’inscrivent dans la cadre du syndrome d’hypersensibilité électromagnétique (HS-EM). Ce terme (electromagnetic hypersensitivity) a été préféré  à celui « d’  intolérance environnementale idiopathique attribuée aux « ondes électromagnétiques » pour désigner un état dans lequel des personnes se plaignent de symptômes subjectifs non-spécifiques dont ils attribuent la cause à une exposition à des champs électromagnétiques (Afsset,  « Radiofréquences » Saisine n°2007/007)
 Ce syndrome, dont la fréquence croit avec la hauteur des pylônes et dont la prévalence varie de 13 % à 50 %, est la pathologie la plus fréquente. Il regroupe à des degrés divers, des manifestions variées : fatigue, troubles du sommeil, céphalées, troubles de concentration, de l’humeur et mnésiques.
   Le caractère psychosomatique des troubles, leur variabilité, leur survenue aussi bien en présence qu’en l’absence d’un  CEM dans les études faites en aveugle (effet nocébo) ont fait réfuter, par certains, le HS-EM en tant que maladie liée au CEM.
   A l’inverse dans une procédure de provocation de CEM en double aveugle et spécialement conçue pour minimiser involontairement les signaux sensoriels, « le sujet a développé des douleurs temporelles, des céphalées, des spasmes de contractions musculaires, et a eu une forte augmentation de son rythme cardiaque à plus de 100 après le début de l’exposition aux CEM (P <0,05). Les symptômes ont été principalement constatés lors des transitions physiques (off-on et on-off) (McCarty DE, Carrubba S, 2011)
 Il s’agit d’un véritable état pathologique, parfois déclenché simplement par la vue des pylônes monstrueux. Très invalidant, il est mal vécu par les malades qui se sentent incompris et abandonnés. Un malade asthmatique peut déclencher une crise à la vue d’une plante à laquelle il est allergique, même si la plante est en plastique et que l’allergène est absent ! Il n’en est pas pour autant phobique ou malade mental.  L’inscription en 2009 du HS-EM comme thème d’action au sein du Grenelle de l’environnement avait laissé à ceux qui en sont victimes l’espoir de reconnaissance  du syndrome d’hypersensibilité aux champs électromagnétiques comme un handicap environnemental, complication de l’exposition aux CEM. On attend encore !
Un pas important est la reconnaissance par une décision  de justice récente du HS-EM et de sa responsabilité dans les céphalées, les troubles de l’humeur, du sommeil que présentait une plaignante habitant à proximité d’une antenne-relais.(nouvelobs.com/societe/20150826.OBS4741/l-electrosensibilite-reconnu-pour-la-premiere-fois-comme-handicap.html).

3.2 La  leucémie aiguë lymphoblastique de l’enfant

  Le sang est constitué d’un liquide, le plasma et d’éléments figurés, globules rouges, globules blancs et plaquettes). Les globules blancs sont produits par la moelle osseuse. Ils se divisent en polynucléaires, lymphocytes et monocytes.  La forme jeune des lymphocytes est le lymphoblaste. La  leucémie aiguë lymphoblastique (LAL) est caractérisée par une prolifération non contrôlée des lymphoblastes. Elle représente 75% des cas de leucémies de l'enfant. Le taux d’incidence  est de 5 nouveaux cas pour 100 000 habitants / an, soit environ 1000 nouveaux cas par an. Le pic d'incidence survient entre 2 et 5 ans. La clinique est variable allant de formes quasi asymptomatiques à des formes  sévères rapidement mortelles. Le diagnostic repose sur le médullogramme (prélèvement et examen microscopique de la moelle osseuse). La survie de l'enfant de moins de 15 ans s'est considérablement améliorée (10% en 1960, 75% en 1990) dans les pays dits développés. Le pronostic demeure sombre dans les pays pauvres (80% de décès).

Les facteurs qui peuvent augmenter le risque de leucémie lymphoblastique aiguë sont :

  • Le traitement par chimiothérapie ou radiothérapie,
  • Les désordres génétiques, (la trisomie 21), 
  • Avoir un frère ou une sœur ayant eu un cancer ou une leucémie,
  • Des facteurs toxiques, insecticides, désherbants….
  • Facteurs environnementaux : exposition à divers types de radiations principalement nucléaires et  magnétiques.

   On trouve dans la littérature internationale beaucoup de travaux scientifiques  qui, à la suite de la publication de Wertheimer, se sont intéressés aux liens possibles entre l’exposition au CEM-BF et  la survenue de  leucémies lymphoblastiques ou de certains types de cancers de l’enfant en dessous  de 15 ans.  Nous avons sélectionné  46   travaux récents, cliniques, épidémiologiques publiés dans de revues internationales, à comité de lecture. 30 montrent l’existence d’un lien et 16 sont négatifs. Il faut savoir qu’une étude positive est en général indiscutable si le nombre de malades est suffisant et qu’il n’existe pas de biais. A l’inverse une étude négative ne permet pas de conclure à l’absence de liens. Elle autorise seulement les auteurs à dire que  leur étude n’a pas permis  de mettre en évidence de liens que, peut-être, un nombre de cas plus important aurait montré. Huit  revues de type méta-analyses (on regroupe plusieurs recherches ce qui augmente la fiabilité du résultat) ont été à ce jour réalisées. Les résultats de ces études sont parfaitement résumés dans les méta-analyses d’Ahlbom (Ahlbom et al., 2000) et de Greenland (Greenland et al., 2000).  Ahlbom a regroupé 9 études ayant mesuré ou calculé l’exposition aux CEM chez l3200 enfants leucémiques et 10338 sujets contrôles. Il a conclu à une absence de risque pour une exposition < 0,4µT et une multiplication du risque par 2(1.7-3.13)   pour une exposition > 0,4 µT.  La méta-analyse de Greenland  a inclus 12 études ayant mesuré ou calculé l’exposition aux CEM.  Il n’a pas observé d’association avec la leucémie de l’enfant pour une exposition  entre 0.1 µT et 0,3 µT, mais le lien était significatif pour une exposition > 0.3 µT  1.7(1.2-2.3).   En 2007 Schüz (Schüz et al., 2007)  a comparé 1842 enfants leucémiques à  3099 contrôles.  Chez tous, l’exposition aux CEM a été mesurée durant 24 à 48h. Un doublement du risque existait pour les enfants exposés à des valeurs de CEM > 0,4µT.

  La concordance de ces résultats, la robustesse des protocoles et leurs conclusions convergentes en faveur d’une augmentation du risque ont conduit l’IACR  (International Agency for Research on Cancer) à classer, en 2002, les CEM en 2B, c’est-à-dire possiblement cancérogènes. Le SCENIHR (Scientific Committee on Emerging and Newly Identified Health Risks), (SCENIHR, 2009), considère également que la littérature épidémiologique converge vers une augmentation du risque de leucémie chez les enfants exposés à des champs magnétiques résidentiels de plus de 0,3 à 0,4 μT. Cet avis est aussi partagé par la direction générale des soins française. Il n’y a guère que RTE qui nie tout retentissement sur la santé des CEM-BF !

  L’état des connaissances  a peu évolué depuis le dernier rapport SCENIHR.  En France une équipe de recherche INSERM  spécialisée dans l’étude des  risques de cancers liés à l’environnement (Sermage-Faure C, J Clavel, 2013),  a étudié la totalité des 2779 enfants leucémiques diagnostiqués de 2002 à 2007 et 30000 contrôles, et testé l’hypothèse d’un lien entre la fréquence des leucémies et le fait de vivre  à proximité d’une ligne à haute ou très haute tension THT (> 225 kV). Le résultat principal de cette étude est une augmentation du risque de 1,7 fois chez l’enfant de moins de 5 ans résidant entre 50 et 100 m d’une ligne à THT et de 2,6 fois si la distance est inférieure à 50 m. La recherche a été en partie subventionnée par RTE.  Pourtant  RTE  ne fait   jamais mention de ces résultats.

  Rien ne permet donc aujourd’hui de remettre en question, dans un sens ou dans un autre, les conclusions de l’IACR sur l'association possible entre les champs extrêmement basses fréquences et la leucémie de l'enfant. La disparité parfois observée entre les études est due  au fait que les mécanismes par lesquels l’exposition aux champs électromagnétiques induit des problèmes de santé sont complexes et probablement plurifactoriels. 
  Enfin, il ne faut pas perdre de vue que ces calculs de l’augmentation du risque relatif de leucémie, de cancers, de maladie neurodégénératives  et du syndrome d’hypersensibilité sont issus d’études des populations résidentes sous des lignes THT majoritairement de 225000 volts, parfois moins.  Qu’en sera-t-il quand RTE  s’attaquera aux 1000000 volts.  

 
3.3 Effet des CEM-BF sur la survenue de la maladie d’Alzheimer

  Il y a peu  de données  mais des résultats d’études rigoureuses cliniques et biologiques, sont superposables  à ceux des études sur la leucémie de l’enfant. Ils incitent à  la prudence  (Davanipour Z, 2007, Qiu C, 2004), surtout que le  nombre de malades concernés serait alors considérable.
  Pour les autres pathologies évoquées, il n’est pas possible aujourd’hui d’avoir  une opinion  précise. 

3.4 Effets des CEM-BF sur la santé animale et  sur les cultures maraichères et fruitières

  La santé animale et, tout particulièrement, celle des élevages bovins et   des chevaux des haras (il y en a dans la Pévèle et de plus en plus) a fait aussi l'objet de nombreuses études.  Les éleveurs et agriculteurs accusent avec véhémence  les CEM-BF d’être responsables de troubles observables du  comportement,  de la reproduction, de mort in utero, de diminution de la production laitière. Le dialogue avec le bétail n’est pas facile et l’éleveur qui est l’observateur privilégié de son élevage doit être écouté. (Cressey D, 2011). Les études ont été tout particulièrement menées aux États-Unis et au Canada, où  les animaux sont exposés à des lignes THT jusqu'à 1,2 million de volts. Brugère H, 2009, l'École vétérinaire à Maison-Alfort, dit qu’aucun effet n'a pu être observé aux États-Unis. A l’opposé une  étude  de vaches exposées ou non à des CEM a montré des modifications significatives du comportement des animaux exposés. WENZEL C. 2002). A l’appui de cette étude, nos  éleveurs constatent des diminutions significatives de la  production de lait. Une explication pourrait venir  des courants électriques qui chargent les abreuvoirs et les mangeoires.

 Les oiseaux et abeilles en perdent le nord, (Rapports d'office parlementaire, 25 septembre 2014  Travaux parlementaires,   Les effets sur la santé et l'environnement des champs électromagnétiques produits par les lignes à haute et très haute tension) plus les des mutations génétiques de nos fraises, poireaux, tomates  et autre cultures maraichères  ne peuvent pas être écartées…. (Institut de Santé Publique, d’Epidémiologie et de Développement, ISPED, 2009, génotoxicité et champs électromagnétiques, Racuciu M, 2006).  

3.4 Effets sur fonctionnement d’appareils médicaux

 Les CEM perturbent le fonctionnement de certains pacemakers, de défibrillateurs implantés  et d’appareils d’enregistrement de l’activité cardiaque avec les conséquences mortelles que l’on devine   (Misiri J, 2012). Ceci fait des malades « cardiaques » implantés ou susceptibles de l’être, des  « cibles » potentielles. Il faudra prévenir de ce risque à l’approche des lignes THT aériennes.  Dans le relevé des « impacts »  et le choix des tracés, il faut tenir compte de ce risque et du lieu de résidence  des malades cardiaques.

3.5 Accidents

Des accidents d’électrocution ont été signalés. Ils concernent des agriculteurs (Moghtader JC, 1993) lors de la manipulation d’engins métalliques, échelles et rampes d’épandage, de produits phytosanitaires, (MSA – Santé et sécurité au travail, Mai 2009, Lignes électriques aériennes, gardez vos distances). La plus grande précaution leur est demandée lors de passage auprès des lignes THT aériennes. Ce risque doit être signalé.

4. Les mécanismes biologiques de la toxicité des CEM-BF

4.1 Les circonstances d’apparition.

    Le temps d’exposition  joue  un rôle important.  Les études  suggèrent que l’exposition chronique, résidentielle et l’organisme en formation (enfants ou fœtus) sont deux facteurs de risques.  S’y ajoutent des facteurs constitutionnels, diététiques et environnementaux, ce  qui complique le problème.

4.2 Mécanismes biologiques  pressentis

Des champs électriques et des courants endogènes existent dans tous les organismes vivants. Ils jouent un rôle dans les mécanismes complexes des contrôles physiologiques, telle l'activité neuro-musculaire, les sécrétions endocrines, les fonctions des membranes cellulaires, le développement, la croissance et la réparation des tissus. Les informations rythmiques qui régissent le milieu intérieur sont en partie prises dans le milieu environnemental interne. On explique ainsi la chronobiologie.  Ces informations sont souvent de type électromagnétiques. Il est donc licite de faire l‘hypothèse que  l’exposition CEM, qui a considérablement augmenté ces dernières années, a possiblement des effets biologiques sur notre organisme. Ont été retrouvés, pour l’essentiel :

  • Des altérations chromosomiques chez les travailleurs auprès  des lignes TH (Balamuralikrishnan B, 2012).
  • Des lésions de l’ADN induites par des radicaux libres chez le rat ayant passé 50 et 100 jours exposés au CEM-BF  (50 Hz, 0.97 µT). (Emre M, 2011)
  • L’exposition de cellules neuronales aux CEM BF (1mT, 50 Hz augmente l’activité radicalaire (Nitric oxide synthase NOS and O2-), et modifie la réponse inflammatoire cytokinique. (Reale M. 2014)
  • Les lésions sont temps-dépendantes et suggèrent que les CEM agiraient comme promoteurs ou co-promoteurs de l’induction de lésions cancéreuses (Goraca A, 2010).

En résumé “These data may have important implications for the long-term exposure to ELF-EMF which may cause oxidative DNA damage. (Yokus B1,2005)”

 Au total, les travaux expérimentaux sur  modèle animal ou cellulaire, permettront dans un avenir proche de faire le lien de causalité ente l’exposition prolongée au CEM-BF et la survenue de pathologies cancéreuses et neurodégénératives, les CEM-BF agissant en tant que promoteurs sans doute sur des terrains particuliers. L’histoire est loin d’être écrite et un peu de curiosité scientifique ne peut qu’inciter  les industriels, les politiques et les médecins, à la plus grande prudence. On peut d’ores et déjà avancer un schéma physiopathologique suivant qui expliquerait le lien de causalité entre CEM et cancers :
 Les flux d’ions à travers la membrane cellulaire et la fragmentation de l’ADN sont reconnus par la communauté scientifique cancérologique comme deux acteurs importants de la cancérogénèse
Or les CEM-BF sont susceptibles d’agresser les cellules humaines soit de manière immédiate soit après des expositions prolongées :

  • A court terme, les CEM-BF modifient la perméabilité de la membrane cellulaire aux ions, quipassent à travers la membrane grâce à des canaux spécifique. (Pardo LA et al, 2014).
  • A long terme, les CEM-BF créent des dommages dans la molécule d’ADN notamment par l’intermédiaire de molécules nommées radicaux libres. Hors il est démontré depuis longtemps que les dommages dans la molécule d’ADN sont une des causes majeures du développent des cancers. (Sekeroğlu V, 2012, Zecca 1998. Patruno A 2014, Vodicka P 2015). Ceci a été particulièrement démontré dans le cas des neurones. Un lien avec les maladies neurodégénératives ne peut pas être exclu.

Ainsi au vu de ces données il ne paraît pas pertinent de conclure à l’innocuité des CEM-BF.

5. Spécificité  du projet entre de lignes THT entre Avelin et Gavrelle

       Dans  le projet entre de lignes THT entre Avelin et Gavrelle, dont Réseau Transport Electricité (RTE) est le maitre d’ouvrage   les chiffres parlent d’eux-mêmes : deux fois 400000 volts  -  4600 mégawatts, 24 câbles sur des pylônes de 72 mètres de haut, un tous les 400 mètres, beaucoup moins dans les virages. RTE contourne le problème de l’exposition des habitations en R en saccageant  notre environnement. Il augmente la hauteur des lignes et prend le risque de beaucoup de syndrome d’hypersensibilité. L’ampleur du projet est inédite en milieu semi-urbain, traversant une zone dont la densité de population est la plus élevée de France (hors Ile de France). RTE, comme il le ferait en rase  s’obstine à passer en force, en aérien,  comme il l’a fait il y a 40ans. RTE fait comme si les conditions d’habitat, de densité de population, de sensibilité environnementale étaient identiques. RTE pourrait faire preuve d’un peu plus de discernement et pourquoi pas d’humanisme.  On comprendra que ce projet, engendre une extrême inquiétude chez nos concitoyens.

4.1 Cette inquiétude nait  naturellement :

  • de l’impact prouvé des champs électromagnétiques sur la santé, (CF ci-dessus)
  • mais aussi, de la perte de valeur de  nos, souvent modestes, biens immobiliers. Les familles perdront ainsi ce qui est  souvent le fruit du travail d’une vie.  Les dédommagements prévus par RTE sont ridicules et ne concerneront que les citoyens et les mairies qui auront fait allégeance à sa majesté  le « pilonneur »
  • de la destruction programmée du  paysage unique de la Pévèle  qui est le seul à offrir dans les environs immédiats de la métropole Lilloise une forêt, une réserve ornithologique classée Natura 2000, une colline avec un point de vue unique sur le champ historique de la bataille de Mons en Pévèle  Des haras dont l’activité augmente régulièrement. Seul le golf, a-t-on prévenu, doit absolument être respecté..  Bientôt la vue ne sera plus que sur des pylônes de plus de 30 étages !   Il s’agit d’une atteinte intolérable à notre environnement.
  • et surtout des méthodes utilisées par RTE

4.2 RTE dirige le projet à la hussarde

  Avec des méthodes d’un autre temps sans véritable concertation ou sur la base d’informations données au public concerné, et qui sont fausses, ni transparentes, ni loyales au mépris de l’article L.300-2 du code de l’urbanisme. (Font l’objet d’une concertation les projets et opérations d'aménagement ou de construction ayant pour effet de modifier de façon substantielle le cadre de vie, notamment ceux susceptibles d'affecter l'environnement, au sens de l'article L. 122-1 du code de l'environnement). Le « garant » qui définissait pourtant son rôle comme « devant veiller à la qualité de l’information »  soutient RTE contre l’usager.  Le préfet a même jusqu’ici refusé à nos élus, à nos conseils, à nos associations le droit de participer aux instances de concertation. Il refuse aussi à nos élus  la création d’un Syndicat Intercommunal à Vocation Unique (SIVU).   Ceci a amené  la plupart d’entre nous à quitter les commissions scandalisés par ces méthodes et cette pseudo-concertation, avec le sentiment d’avoir été bafoués par RTE. La concertation s’est donc déroulée sans les premiers concernés.  On a marché sur la tête. RTE nie tout rapport entre le CEM-BF  et la plus part des effets délétères décrits ci-dessus alors même que de nombreux rapports de responsables politiques et de nombreux chercheurs en ont bien compris les risques. RTE ne considère pas  le syndrome d’hypersensibilité comme une véritable maladie indirectement liée aux CEM-BF) mais comme une sorte d’hystérie des opposants à la ligne aérienne.    Contrairement aux  affirmations de RTE  les champs électromagnétiques à basse fréquence  (CEM-BF) générés par les lignes THT ont un lien et donc un impact prouvé sur  la santé humaine. RTE fait semblant d’ignorer, ou ignore,  la trentaine d’études scientifiques en partie citées ci-dessus et dont les résultats sont concordants.

    RTE refuse de prendre en compte les études et les rapports  qui ont  pourtant incité des responsables de la santé  à des prises de positions claires sur le risque pour la santé humaine que fait courir l’exposition résidentielle et chronique au CEM-BF. A savoir :

  • Le rapport Lellouch Directeur général de l’INSERM (1993) : « dans l’état actuel des connaissances, on peut admettre la plausibilité d’un effet des CEM-BF sur l’apparition des leucémies ».
  • La classification par le centre de recherche international sur le cancer (CRIC) en 2002 des CEM-BF  en « catégorie 2B, possiblement cancérogène », qui est la moindre des informations que RTE aurait dû donner, sur ces plaquettes publicitaires, dès le premier débat public.
  • Le rapport « champs magnétiques et santé de A. Aurengo, J. Clavel, remis  à la DGS le 8 novembre 2004, qui reconnait « l'association entre CEM et leucémie » et recommande d'informer le public de l'amplitude des risques et des mesures prises pour les éviter.
  • Le rapport  Cambou, Pilote du Réseau santé-environnement des  3ème rencontres parlementaires santé et environnement,  qui en Décembre 2005 a émis  « un  avis de vigilance générale concernant les champs électromagnétiques et la santé ».
  • Les résultats de la première (et seule)  étude nationale française véritablement scientifique  réalisée par l’équipe INSERM de J Clavel (BJC, C. Sermage-Faure, 2013 Apr 4. 10.1038/bjc.2013.128.) et en partie subventionnée par RTE qui confirme une augmentation du risque leucémique chez les enfants de moins de cinq, atteignant   2,6  fois s’ils résident entre 0 et 50 m d’une ligne THT et  x 1,6 fois à 100 m. RTE, qui attendait  certainement de ce travail un résultat inverse, méconnait ce résultat.
  • La déclaration du conseil d’état du 22 avril 2013 qui reconnait « l’existence d’un risque accru de leucémie chez l’enfant en cas d’exposition résidentielle  aux CEM-BF » et l’hypothèse d’un lien « suffisamment plausible pour justifier de l’application du principe de précaution ».
  • Le rapport de l’Agence Nationale de Sécurité Sanitaire (ANSES, mars  2010) qui fait autorité et qui dit «  en ce qui concerne de possibles effets à long terme,  il existe, une forte convergence entre les différentes évaluations internationales  qui se maintient dans le temps  … concernant une association significative entre l’exposition aux CEM-BF  et la survenue de leucémies infantiles… ».

    Ces omissions volontaires sont assimilables à des mensonges. Elles  ont naturellement faussé les débats et les conclusions des commissions depuis le début de cette soi-disant « concertation dans la transparence » dont RTE a l’ironie de se flatter. Les votes et prises de position  eurent été  évidemment différents si cette information avait été portée à la connaissance des citoyens.

    Face à l’inquiétude croissante de leur administrés, les élus et présidents de  six associations regroupées en une confédération, représentant les habitants de plus de 1000 foyers des communes de la Pévèle et  du Nord-Douaisis s’opposent et s’opposeront  avec une détermination  farouche  au projet de  construction de lignes aériennes.

  4.3 Ce projet a-t-il une utilité publique ?

   RTE nous promet, en l’absence de la nouvelle  ligne THT le « blackout total » dès 2015 du fait d’une augmentation de la consommation qu’il prévoit  linéaire.  On  trouve de  sources autorisées des scenarii inverses (OCDES, perspectives énergétiques à l’horizon 2020). RTE ne tient pas compte :

  • De la transition énergétique qui favorise à la fois la décentralisation et la multiplication  des sites de production d’électricité et l’autoconsommation. Il dit au contraire que  cela augmentera  les besoins en transport.
  • Du « Master Plan » promu par le Conseil Régional Nord – Pas-de-Calais et la Chambre Régionale de Commerce et d’Industrie, ayant pour objectif la réduction de la consommation d’énergie de moins 60% en 2050, soit dans la même logique de moins 25% de la consommation électrique.
  • De l’évitement du pic de consommation l’hiver par simple pédagogie et communication de la part d’EDF (expérimentée avec succès en région PACA), conjugué aux stratégies d’effacement de consommation.

4.4 En supposant que son utilité soit indiscutable au moins pour nos voisins européens, alors il faut enfouir.

   Il est hors de mon propos de discuter des possibilités techniques d’enfouissement. Mais on constate que ce qui était impossible d’envisager et trop cher il y 15 ans, est aujourd’hui possible et meilleur marché, et que demain les progrès technologiques auront fait de l’enfouissement la règle  et non pas l’exception. Retranché derrière les pylônes et son savoir-faire historique   RFE a refusé dès la première minute du débat public l’idée même de l’enfouissement de tout (30 km) ou partie de la ligne, qu’il dit non négociable. Il refuse d’accepter l’éventualité  même de ce qui serait une solution acceptable,  respectueuse des citoyens, limitant  l’exposition aux radiations. RTE prétend que l’enfouissement ne diminue pas ou peu l’exposition  aux CEM-BF. C’est  inexact : l’intensité de CEM-BF à proximité des lignes enfouies diminue  vite avec la distance et pour une ligne THT enfouies  de 400 000 Volts, elle  n’est plus que de 0,7 µT à 10 m de la ligne d’enfouissement, (rapport de l’ANSE 2010). Les impacts psychologiques, visuels,  auditifs disparaissent et notre cadre de vie est   préservé. Il a fallu que  le Préfet, à notre demande pressante  et scandalisée, enjoigne à RTE  d’étudier au minimum et en quelques jours la faisabilité et le coût de l’enfouissement. Après une caricature d’analyse de l’enfouissement RTE a prétendu successivement que l’enfouissement des  lignes THT était techniquement impossible alors que les 94 km de la ligne  THT Perpignan-Figueras (372000 volts) ont été enterrés. Puis possible mais très cher, puis possible à la condition que les communes concernées et les citoyens payent  le surcout….Nous, citoyens français devrons payer pour que RTE vende de l’électricité à nos amis belges. Triste argumentaire qui donne une idée de la hauteur des débats. Sans doute serait-il préférable de mieux considérer les risques et les surcoûts d’entretiens encourus par les lignes aériennes étant donné les altérations climatiques et les violentes perturbations qui aujourd’hui moins que demain ne tarderont pas à se manifester.   
    Certes Faumont n’est pas Collioure, mais la région  Nord-Pas-de-Calais n’est pas non plus une sous-région où l’on pourrait faire n’importe quoi.    Aurions-nous droit à la dernière ligne THT aérienne ? RTE serait bien avisé de méditer ce dire  de Monsieur le Député Christian Kert de l’office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologique, (Apport de nouvelles technologies dans l'enfouissement  des lignes électriques à haute et très haute tension. C Kert, 2000,  saisine octobre 2000).

« La tendance générale va vers l'enfouissement, il y aura un marché en Europe et dans le monde, et ceux qui sauront enfouir au moment de ce basculement gagneront le marché. Il est donc indispensable si l'on veut disputer ce marché de s'y intéresser dès maintenant. La France, parce qu'elle n'en ressent pas encore la nécessité prend du retard (7ème rang, des pays d’Europe avec  un taux d’enfouissement de 29% des lignes HT et THT. Contre 100% aux Pays Bas, 70% en Allemagne, 63% au Royaume Uni,)…… »

   Nous défendrons notre Pévèle par tous moyens possibles. Nous avons déjà donné à tous types de pollution y compris électromagnétique. Notre population, une des plus denses de France, est déjà la plus défavorisée en termes de niveau social, d’espérance de vie et de médicalisation.  Par contre elle est l’une des premières  pour la mortalité infantile, l’incidence des cancers et des hémopathies malignes, des maladies respiratoires, et le saturnisme.   Il n’est pas responsable de prendre le risque énorme d’y ajouter des leucémies chez l’enfant, quelques tumeurs cérébrales, des maladies d’Alzheimer, en plus du  syndrome d’hypersensibilité qui empoisonnera la vie des riverains des lignes THT. En lieu et place du principe de précaution déjà largement appliqué chez nos voisins, on observe, on conteste, on rapporte, on commissionne,  on va faire et refaire des études, on attend le rapport qui mettra en évidence un lien de causalité entre les CEM-BF et la survenue de  cancers. Comme si l’absence de lien de causalité démontrée faisait disparaitre le fait !,  Que les responsables prennent garde au fait qu’une attente trop longue pourrait avoir des conséquences graves, ne serait-ce que la mort d’un seul enfant. On recommande de ne pas faire passer de lignes aériennes au-dessus des hôpitaux et des maternités. S’il n y-a aucun risque à quoi rime cette mesure ? A donner bonne conscience aux décideurs ?  Ce n’est ni au cours des  brefs séjours hospitaliers ou en maternité  que le risque d’exposition prolongée est important !!!! On perd du temps, on perd des vies, la biologie parle, la colère gronde….Les scenarii se suivent et se ressemblent, charbon, plomb, amiante…. le chti  trinque…accablé par absence d’écoute, de compréhension et de soutien des services de l’état et de l’état lui- même.  « Paroles,  paroles et encore des paroles que tout cela… » 
 

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